2009 août 5
Mon petit royaume
00:55 - Par Ninou - Personnel - Lien permanent
Sans titre, jui. 2009 — photographie de Nicolas Moutschen, tous droits réservés.
Lorsqu’on emploie trop de temps à voyager, on devient enfin étranger en son propre pays.
Descartes
Je n’aurais jamais pu pensé me sentir dépaysé. J’ai cette impression d’être étranger peu importe où je vais, peu importe le pays. Les mœurs, les notions, les valeurs sont partout différentes, comme si je venais d’un quelconque pays oublié, qui aurait sombré il y a trop longtemps pour que je ne m’en souvienne. Je n’ai avec les gens d’ici de commun que la langue, bien que toujours un accent trahisse des origines que l’on m’attribue maladroitement.
Il s’en suit dès lors toute une série de faux-problèmes administratifs qui sont au pire kafkaïens mais tout au plus de légères gênes auxquelles je me dois de m’habituer. Je me sens déjà me métamorphoser à mon nouvel environnement, sémantiquement et gestuellement : ce qui me semblait absurde naguère prend tout un autre sens, devient normal. Pourtant tout au fond de moi, je sais qu’il me restera des racines historiques, une manière de voir, des phrases se répétant inlassablement, provenant de mes aïeux, de mon enfance, duquel j’acquiers mon détachement habituel. Je garde la prise de conscience que l’absolu est inhumain, que rien n’est grave, que nous ne sommes que des petites bêtes grouillants sur une mince couche de terre, dans un vaste univers qui vivra encore des lustres bien après ma mort.
La seule chose que je puisse faire, très anthropocentriquement, c’est de tenter d’analyser mon espèce, chercher ses faiblesses, ses points forts et rêver à comment nous pourrions améliorer tout ça pour nous. Pour se faire, je me suis construit un petit royaume où les pierres de mon château sont faits de pages, où dans les champs je cultive le savoir et où j’aime fuir mes semblables.
Mais il y a une question qui reste en suspend : d’où me vient cette volonté de vouloir les aider si je les fuis autant ? Peut-être pour les rendre supportables.
Commentaires
Quand viendras-tu “boire” à la source de “ta” vie?
Je te propose de planifier un pélérinage de trois jours, par exemple, dès que ton nouveau studio sera réservé… . Les étoiles te guideront.
Le 6 août 2009, 22:47 par père
Hoé du château ! ! !
Tenter d’améliorer l’espèce humaine tout en étant dans ce château qui t’isole de tes semblables… voilà qui ne va pas te faciliter la tâche. Aider en fuyant… fuir en aidant… L’Homme possède toutes les apptitudes au bonheur mais les sources, les fondements et les voies de ce bonheur intérieur semblent pafois bien compliquées à définir. Il me semble que nul ne peut prétendre comprendre son prochain et plus encore, l’aider si les fondations de son château ne son basées exclusivement que sur le doute, les questionnements existentiels ou la recherche d’un absolu.
La “simplicité” est l’absolu et voie de félicité. Ne pourrait-elle pas être les “pierres” de ton “ciment” ?
Méditation, regard tourné vers l’intérieur, prières à qui tu voudras… te feront tourner, quelques instants, le dos aux douleurs existentielles qui semblent tant te faire souffrir.
La simpliicté est dans tout. C’est le regard qui complexifie. Je connais quelques “grands hommes” (à mon niveau) qui ne sont pas plus que d’autres quand je change l’objetif de mon regard. Certains sot même plutôt pathétiques.
Mais comme je te l’ai déjà écrit, ce n’est, ici, que mon modeste avis et… je sais si peu !
Justemoi.
Modeste scribouillard en voie de bonheurisation et heureux de son état.
Le 3 septembre 2009, 15:00 par Justemoi
Le vrai génie sans coeur est un non-sens. Car ni intelligence élevée, ni imagination, ni toutes deux ensemble ne font le génie. Amour ! Amour ! Amour ! Voilà l’âme du génie.
Wolfgang Amadeus Mozart
Le 15 septembre 2009, 12:08 par Justemoi
Tu avais évidemment toi-même formulé la bonne réponse à la question de ton dernier paragraphe.
Vouloir les aider, c’est les aimer, … et donc ta volonté est , comme pour tout être d’esprit et de coeur bienveillant comme toi, de rendre le monde et ses habitants meilleurs (ce que tu appelles supportables); et pour cela, il est normal de se mettre régulièrement en retrait, surtout pour cultiver son savoir. Ce n’est pas une fuite.
Le 11 octobre 2009, 08:54 par père