2009 juil. 1
Le petit prince charmant
20:57 - Par Ninou - Réflexions - Lien permanent
Herbe, mai. 2009 — photographie de Nicolas Moutschen, tous droits réservés.
Les êtres humains sont des créatures très étranges. Elles en deviennent même fascinantes, comme une fourmilière. On les regarde se balader dans leur ruche, un petit balet programmé qui se répète prévisiblement, jour après jour.
Ils s’en vont et viennent, glissent de leurs lits à leurs chaussons, de leurs chaussons à leur paillassons et puis ils glissent sous terre pour rejoindre leurs tours d’ivoire et de verre. Et ils se ferment, s’isolent, se cachent les yeux, se bouchent les oreilles, fuient les autres en se pressant contre eux.
Mais de tous ces gens, ceux que j’aime le mieux observer, c’est le prince charmant et sa princesse.
Elle, elle ne fait rien, on la réveille, on l’habille, on la nourrit. Elle n’a jamais appris à faire parce qu’on lui a toujours demander d’être, ce qu’elle fait très bien. Être belle, jolie, désirable, elle doit faire tourner la tête des hommes en ne faisant rien.
Et puis il y a Il. Lui, c’est l’inverse : il n’est pas, il fait. Descendre de son cheval blanc, secourir, conforter la princesse fragile, lui apporter tout ce dont elle a besoin. Il lui apporte l’argent, la traite avec respect, la rend heureuse.
Et d’âges en âges, elle est devenue de plus en plus exigeante, lui de plus en plus distant. Ils se tournent le dos, lui donne le minimum, elle prend le maximum, ne s’apprivoisent pas. Ils sont devenus des étrangers.
Commentaires
… mais une nouvelle race d’hommes et de femmes a émergée, reconnaissant leur complémentarité. Ils rêvent peut-être moins, moins de princesses(!), mais plus de femmes qui, avec les hommes, construiront ensemble, je l’espère, le monde de nos petis-enfants…!Pourvu que ceux-ci s’y amusent de plus en plus…!
Le 11 juillet 2009, 07:47 par père
Autre Happy End : Jusqu’au jour ou la Princesse se rend compte que le beau cheval du Prince est bien plus con que le p’tit canasson du paysan… que le Prince de mes deux la trompe depuis si longtems avec la Belle pas si “au Bois Dormant” que cela… et que le pognon du Prince ne suffit pas -et de loin- à la rendre heureuse. Elle se tourne alors vers le petit paysan au cheval pas si con. Celui qui goûte la terre avant les semailles, qui reconnaît le chant des oiseaux et verse une p’tite larme quand il doit abattre un vieux chêne pour chauffer sa maisonée. Ce paysan pas trop malin mais au coeur si grand. Pas de questions existentielles pour lui, pas de torture intellectuelle et une vie au rythme des étoiles et du soleil. Ne pas croire en l’amour homme-femme, nier que cela peut exister et croire que l’homme a la moindre supériorité à la femme… je conchie ces propos.
Je te le concède, Cher Ninou, j’aurais mieux fait de ne rien écrire… c’est vrai, je ne suis pas au meilleur de ma forme ce soir.
Justemoi
Petit “paysan” dans son âme mais paysan sans terre. J’aurais voulu être batelier….
Le 3 septembre 2009, 17:17 par justemoi