L’humanité est organique : il n’est pas possible de définir sa structure de manière rigide et intemporelle mais seulement des lois régissant les comportements entre ses éléments, tantôt s’associant, tantôt se dissociant.
L’humain se défini ainsi comme un être social, piégé à vivre en côtoyant ses semblables sans lesquels il ne peut agir par l’augmentation de ses chances de survie et surtout par la diminution de son champ de vision intellectuel. De telle façon, l’espérance que la grande majorité d’entre-eux rentre dans le rang est suffisante pour obtenir une société — une humanité — fonctionnelle. Sa plasticité initiale permet virtuellement de supporter un grand nombre d’environnements différents ; l’éducation cible alors un milieu plus particulier, restreignant sa perception du réel à une taxinomie spécifique, modelant ses facultés d’apprentissage pour qu’elles soient dédiées à l’utile.
Chaque groupe auquel appartient l’individu modèle le réel, et donc le but, la notion d’utile et les priorités de l’apprentissage. La quantification de l’appartenance détermine la liberté conceptuelle puisque plus il est attaché à ce groupe, plus celui-ci détermine sa manière de voir.
Toutefois, alors que le niveau de liberté accessible semble diminuer avec le temps, au fur et à mesure que nous rejoignons des groupes, il arrive à l’être humain de se dissocier de ceux-ci. Au long de la vie, il finit par exister des personnes qui disparaissent de notre environnement, qu’il s’agisse d’un départ motivé ou non. Dans le premier cas, cela peut être dû à de multiples facteurs mais qui sont assimilables à un seul : la trop grande distance entre les Weltanschauungen respectives.
Celle-ci comporte deux modalités : horizontale et verticale. La première porte sur les contradictions entre les valeurs résultantes telles entre autres l’opposition entre la droite et la gauche sur le plan politique, les différentes religions, les goûts, et cætera. La seconde, sur la différence du degré de libertés conceptuelles des individus, limitées par leurs horizons socio-intellectuels.